BU MEU MEU + MEU MEU BU =  BU BU MEU MEU – MEU

 

 

(C’était il y a très très très longtemps…)

 

En ce temps là il y avait le ciel. A gauche du ciel, il y avait la planète Shadok. Elle n'avait pas de forme spéciale, où plutôt… elle changeait de forme.

 

A droite du ciel il y avait la planète Gibi. Elle était complètement plate et elle penchait soit d'un côté, soit de l'autre. Au milieu du ciel, il y avait la terre qui était ronde et qui bougeait. Sur la Terre, il n'y avait apparemment rien…Sur la planète Gibi, il y avait des animaux qui s'appelaient des Gibis.[1]

 

Voici un Gibi vu de près : Un Gibi  En voici un autre :Un autre Gibi

 

Quand il y avait trop de Gibis d'un côté, la planète penchait, les Gibis glissaient et il y en avait qui tombaient… et c'était très gênant… surtout pour les Gibis.

Sur la planète Shadok, il y avait des Shadoks de deux sortes : des Shadoks avec des pieds en bas qui vivaient au-dessus de la planète et des Shadoks avec les pieds en haut qui vivaient de l'autre côté et qui servaient à soutenir la planète par en dessous…

Comme la planète Shadok changeait de forme, il y avait des Shadoks qui tombaient. C'était très gênant… surtout pour les Shadoks.

 

 

Les Shadoks ressemblaient à des oiseaux : ils avaient un bec et des pattes mais leurs ailes étaient ridiculement ridicules !

Un Shadok

 

Les Shadoks étaient excessivement méchants.

Eduquer les Shadoks n'était pas chose facile. Leurs cerveaux, en effet, avaient une capacité tout à fait limitée. Ils ne comportaient en tout que quatre cases.

Et encore, ce n’était pas toujours vrai parce que bien souvent il y en avait de bouchées.

 

Pour remplir les cases déjà, ce n’était pas facile et cela prenait un certain temps.
C'est alors que commençait la difficulté parce que, quand les cases étaient pleines, il n'y avait plus de place et le Shadok, on ne pouvait plus rien lui apprendre.
Si on essayait quand même, alors obligatoirement il y avait une case qui se vidait pour faire de la place. De sorte que, quand un Shadok avec une tête pleine voulait apprendre quelque chose, il fallait qu'il en oublie une autre.
Comme ils n'avaient que quatre cases, évidemment les Shadoks ne connaissaient pas plus de quatre sons : GA BU ZO MEU.

Le calcul leur avait toujours donné pas mal de fil à retordre. Etant donné qu'avec quatre cases, ils ne pouvaient  généralement pas compter plus loin que quatre.

Mais le Professeur Shadoko avait réformé tout ça : [2]

« Quand il n'y a pas de Shadok, on dit GA
Quand il y a un Shadok de plus ou n’importe quoi d’autre, on dit BU

Quand il y a encore un Shadok, on dit ZO
 Et quand il y en a encore un autre, on dit MEU »

Tout le monde applaudissait très fort et trouvait ça génial. Sauf le Devin Plombier qui disait qu'on n'avait pas idée d'inculquer à des enfants des bêtises pareilles et que Shadoko, il fallait le condamner. Il fut très applaudi aussi. Les mathématiques, cela les intéressait, bien sûr, mais brûler le professeur, c'était intéressant aussi, faut dire. Il fut décidé à l'unanimité qu'on le laisserait parler et qu'on le brûlerait après, à la récréation.
« Répétez avec moi, disait-il, GA BU ZO MEU... GA BU ZO MEU.  ..

 -   
Et après ? Mimait le Devin Plombier.[3]

 -    Après ? C'est très simple: je les jette tous dans une poubelle et je dis que j'ai BU.

A ce moment là, tous les Shadoks pensaient que  le professeur Shadoko  avait fêté sa découverte avec le marin Shadok., mais Shadoko poursuivait : «  J’ajoute qu'il n'y a rien à côté de la  poubelle et  pour cela je dis GA.  Comme ça on ne confond pas ce BU avec le BU du début. C’est le but.
Après c’est simple: BU Shadok à côté de la poubelle ? BU et rebut : BU BU !
Encore un autre Shadok ?  BU ZO !!

-           (La foule) Une vache  en plus ?

-          BU MEU (évidemment)

-          Et le suivant?

-          Dites le ZO GA.

-          Qu’est-ce qu’il faut dire au gars ?

-          Dites au gars : « ZO GA ! ». Dites : « ZO  (poubelles) et dites rien ». Au GA, vous dites rien.

-          Alors le GA l’est rien ?

Tout le monde applaudissait très fort et trouvait cela vraiment génial. Sauf le Devin plombier  qui traitait alors le professeur Shadoko de  vieux GAGA; ce qui dans la langue Shadok voulait dire vraiment  très nul.

Le marin SHADOK [4] qui était très très très intelligent, ajoutait qu’avec tout cela le cosmos ferait  plus que MEU MEU.

C'est qu'en ce temps-là, on pouvait aller en bateau dans le cosmos, à condition d'emporter son eau. Le marin Shadok avait observé que l'eau, à l'avant des bateaux, avait souvent tendance à se transformer subitement en icebergs, en cailloux, en baleines ou même en rien du tout. Mais il avait remarqué aussi qu'à l'arrière des bateaux, il y avait toujours de l'eau qui ne servait à rien. Et pour continuer d'avancer, il ordonna que l'on récupère cette eau-là pour la mettre… à l'avant. De sorte que, pendant que les Shadoks d'en haut ramaient l'eau, ceux d'en bas la récupéraient pour que ceux d'en haut la rerament.

Recyclage marin

C'était un système de navigation ingénieux mais épuisant et on pouvait se demander si les valeureux marins pourraient aller comme ça jusqu'à l'autre bout du cosmos… Car, malheureusement, par endroit, le cosmos était percé, de l'eau, fatalement, on en perdait. Sans compter les eaux bues. Et, quand il n'y avait plus d'eau, on sombrait… Pour la remplacer, il fallait emporter d'énormes provisions d'eau et, souvent, il y avait plus d'eau dans le bateau que sous le bateau. Si bien qu'il y avait des Shadoks qui périssaient noyés sans même que le bateau coule. Ce n’était pas très confortable mais c'était pourtant comme ça que ces ZO BU Shadoks [5] avançaient.

PROFESSEUR SHADOKO proposait avec sa géniale invention une manière de mesurer le Cosmos. Il faut savoir qu'en ce temps-là, le cosmos n'était pas tellement infini que ça. Il n'était d'ailleurs pas infini du tout. Et, pour tout dire, il était plutôt… rond. De sorte que, quand on partait d'un endroit et en allant tout droit, au bout d'un certain temps - c’était fou !- on y rarrivait ! La conclusion des Shadoks avait été de dire que le Cosmos était  complètement MEU MEU.
Pour aller quelque part, en général, le plus simple était encore de partir de là où on voulait aller. Et avec du temps et un peu de chance, on y arrivait effectivement. Mais tout ça, ça faisait  du « Boulot »[6].

Aux futurs professeurs Shadoks, Professeur Shadoko enseignait:
« Supposons que j’aie déjà MEU MEU Shadoks. Si arrive un nouveau Shadok en plus, il me faut une autre poubelle. Mais comme je n'ai plus de mots pour compter les poubelles, je m'en débarrasse en les jetant dans une grande poubelle ! C’est simple ! Non ?
Comme ça j’ai une grande poubelle avec pas de petite poubelle et pas de Shadok à côté. »


 « Tu as BU ! GAGA ! », hurlait la foule.
-   Oui !  BU GA GA !! C’est ça !  BU GA GA, BU GA BU, BU GA ZO,    et ainsi de suite, MEU MEU ZO, MEU MEU MEU , s’enthousiasmait Shadoko.

-  Et après ? 
-  Après, il y a trop de grandes poubelles pour pouvoir les compter ! Alors ? Alors ?

-  (Silence général)


- 
Alors on les met dans une super poubelle….. et on dit  BU………….  On dit  BU GA… 


-  (Resilence  regénéral.)


Shadoko comprenait qu’ils ne  pouvaient pas aller au-delà. En effet, beaucoup avaient des cases bouchées. Et ceux qui n’avaient pas de cases bouchées ne voulaient pas oublier de le brûler à la récréation.

 

Shadoko en était tout BU MEU ZO GA, ce qui signifiait à la fois triste et très assoiffé.

Il faut dire qu’avec quatre sons et quatre cases, il n'y avait pas assez de mots [7] pour toutes les choses qui existaient.
 

Dans la langue Shadok, il y avait des quantités de choses qui avaient le même nom. A l’inverse  un même objet pouvait posséder  plusieurs noms, ainsi un « nuitard » dans la langue Shadok se disait indifféremment ga, bu, bu ga, zo bu, bu ga ga, bu zo bu, zo bu ga, meu ga bu, bu ga ga ga, bu ga bu ga bu, bu zo ga zo, bu meu bu meu, zo bu ga ga, zo zo ga bu, meu ga gu ga ou meu bu meu meu.[8].

D’où la complexité de certains énoncés

  [9]

ON PEUT SE FAIRE AIDER ICI : www.ac-amiens.fr/pedagogie/associations/ adcs/old/revues/numero6/t30shadoks/t30shadocks.htm



[1]  Cette petite leçon de numération est librement inspirée du site de Léo Le Chat

[2]   Les Shadoks communiquaient essentiellement par gestes et onomatopées. (NDLT)

[3]  (Il s'occupait plus spécialement d'astrologie et c'était lui qui, par exemple, était chargé, tous les matins, de faire le soleil se lever. Ca lui prenait le temps qu'il fallait mais, tous les jours il y arrivait et à cause de cela les Shadoks le respectaient et l'adoraient. Comme tout cela lui laissait, quand même, pas mal de temps libre, entre deux, il était plombier. Il détectait les fuites d'eau et débouchait les lavabos. Il disait aussi qu'il lisait l'avenir dans son robinet magique et le chef Shadok, lui-même, venait le consulter souvent sur des problèmes de gouvernement ou des problèmes de robinets. )

[4] C'était un ancien quartier-maître pirate qui avait mal tourné. Contrairement aux gens de son espèce qui passent généralement leur temps à introduire des petits bateaux dans une bouteille, lui, il introduisait des bouteilles dans son petit bateau. Il parlait par maximes et quelquefois même en anglais. C'est lui qui disait, par exemple :

Avec un escalier prévu pour la montée on réussit souvent à monter plus bas
qu'on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente

 

[5] Cf. Figure ci-dessus

 

[6] Chacun sait  ce qu’est un boulot.

 

[7] Les mots de la langue Shadok : ga, bu, zo, meu, ga ga, ga bu, ga zo, ga meu, bu ga, bu bu, bu zo, bu meu, zo ga, zo bu, zo zo, zo meu, meu ga, meu bu, meu zo, meu meu, ga ga ga, ga ga bu, ga ga zo, ga ga meu, ga bu ga, ga bu bu, ga bu zo, ga bu meu, ga zo ga,  ga zo bu, ga zo zo, ga zo meu,  ga meu ga,  ga meu bu,  ga meu zo, ga meu meu, bu ga ga, bu ga bu, bu ga zo, bu ga meu, bu bu ga, bu bu bu, bu bu zo, bu bu meu, bu zo ga, bu zo bu, bu zo zo, bu zo meu, bu meu ga, bu meu bu, bu meu zo, bu meu meu, zo ga ga, zo ga bu, zo ga zo, zo ga meu, zo bu ga, zo bu bu, zo bu zo, zo bu meu, zo zo ga, zo zo bu, zo zo zo, zo zo meu, zo meu ga, zo meu bu, zo meu zo, zo meu meu, meu ga ga, meu ga bu, meu ga zo, meu ga meu, meu bu ga, meu bu bu, meu bu zo, meu bu meu, meu zo ga, meu zo bu, meu zo zo, meu zo meu, meu meu ga, meu meu bu, meu meu zo, meu meu meu, ga  ga ga ga, ga ga ga bu, ga ga ga zo, ga ga ga meu, ga ga bu ga, ga ga bu bu,ga ga bu zo, ga ga bu meu, ga ga zo ga, ga ga zo bu, ga ga zo meu,ga ga meu ga, ga ga meu bu, ga ga meu zo, ga ga meu meu, ga bu ga ga, ga bu ga bu, ga bu ga zo, ga bu ga meu, ga bu zo ga, ga bu zo bu, ga bu zo zo, ga bu zo meu, ga bu meu ga, ga bu meu bu, ga bu meu zo, ga bu meu meu,ga zo ga ga, ga zo ga bu, ga zo ga zo, ga zo ga meu, ga zo bu ga, ga zo bu bu, ga zo bu zo, ga zo bu meu, ga zo zo ga, ga zo zo bu, ga zo zo zo, ga zo zo meu, ga zo meu ga, ga zo meu bu, ga zo meu zo, ga zo meu meu, ga meu ga ga, ga meu ga bu, ga meu ga zo, ga meu ga meu, ga meu bu ga, ga meu bu bu, ga meu bu zo, ga meu bu meu, ga meu zo ga, ga meu zo bu, ga meu zo zo, ga meu meu ga, ga meu meu bu, ga meu meu zo, ga meu meu meu, bu ga ga ga, bu ga ga bu, bu ga ga zo, bu ga ga meu, bu ga bu ga, bu ga bu bu, bu ga bu zo, bu ga bu meu, bu ga zo ga, bu ga zo bu, bu ga zo zo, bu ga zo meu, bu ga meu ga, bu ga meu bu, bu ga meu zo, bu ga meu meu, bu bu ga ga, bu bu ga bu, bu bu ga zo, bu bu ga meu, bu bu bu ga, bu bu bu bu, bu bu bu zo, bu bu bu meu, bu bu zo ga, bu bu zo bu, bu bu zo zo, bu bu zo meu, bu bu meu ga, bu bu meu bu, bu bu meu zo, bu bu meu meu, bu zo ga ga, bu zo ga bu, bu zo ga zo, bu zo ga meu, bu zo bu ga, bu zo bu bu, bu zo bu zo, bu zo bu meu, bu zo zo ga, bu zo zo bu, bu zo zo zo, bu zo zo meu, bu zo meu ga, bu zo meu bu, bu zo meu zo, bu zo meu meu, bu meu ga ga, bu meu ga bu, bu meu ga zo, bu meu ga meu, bu meu bu ga, bu meu bu bu, bu meu bu zo, bu meu bu meu, bu meu zo ga, bu meu zo bu, bu meu zo zo, bu meu zo meu, bu meu meu ga, bu meu meu bu, bu meu meu zo, bu meu meu meu, zo ga ga ga, zo ga ga bu, zo ga ga zo, zo ga ga meu, zo ga bu ga, zo ga bu bu, zo ga bu zo, zo ga bu meu, zo ga zo ga, zo ga zo bu, zo ga zo zo, zo ga zo meu, zo ga meu ga, zo ga meu bu, zo ga meu zo, zo ga meu meu, zo bu ga ga, zo bu ga bu, zo bu ga zo, zo bu ga meu, zo bu bu ga, zo bu bu bu, zo bu bu zo, zo bu bu meu, zo bu zo ga, zo bu zo bu, zo bu zo zo, zo bu zo meu, zo bu meu ga, zo bu meu bu, zo bu meu zo, zo bu meu meu, zo zo ga ga, zo zo ga bu, zo zo ga zo, zo zo ga meu, zo zo bu ga, zozo bu bu, zo zo bu zo, zo zo bu meu, zo zo zo ga, zo zo zo bu, zo zo zo zo, zo zo zo meu, zo zo meu ga, zo zo meu bu, zo zo meu zo, zo zo meu meu, zo meu ga ga, zo meu ga bu, zo meu ga zo, zo meu ga meu, zo meu bu ga, zo meu bu bu, zo meu bu zo, zo meu bu meu, zo meu zo ga, zo meu zo bu, zo meu zo zo, zo meu zo meu, zo meu meu ga, zo meu meu bu, zo meu meu zo, zo meu meu meu, meu ga ga ga, meu ga ga bu, meu ga ga zo, meu ga ga meu, meu ga bu ga, meu ga bu bu, meu ga bu zo, meu ga bu meu, meu ga zo ga, meu ga zo bu, meu ga zo zo, meu ga zo meu, meu ga meu ga, meu ga meu bu, meu ga meu zo, meu ga meu meu, meu bu ga ga, meu bu ga bu, meu bu ga zo, meu bu ga meu, meu bu bu ga, meu bu bu bu, meu bu bu zo, meu bu bu meu, meu bu zo ga, meu bu zo bu, meu bu zo zo, meu bu zo meu, meu bu meu ga, meu bu meu bu, meu bu meu zonmeu bu meu meu, meu zo ga ga, meu zo ga bu, meu zo ga zo, meu zo ga meu, meu zo bu ga, meu zo bu bu, meu zo bu zo, meu zo bu meu, meu zo zo ga, meu zo zo bu, meu zo zo zo, meu zo zo meu, meu zo meu ga, meu zo meu bu, meu zo meu zo, meu zo meu meu, meu meu ga ga, meu meu ga bu, meu meu ga zo, meu meu ga meu, meu meu bu ga, meu meu bu bu, meu meu bu zo, meu meu bu meu, meu meu zo ga, meu meu zo bu, meu meu zo zo, meu meu zo meu, meu meu meu ga, meu meu meu bu, meu meu meu zo, meu meu meu meu  [zozo]

 

 

[8] Voilà, me direz-vous, la preuve que «nuitard » veut rien dire. De toute façon, tout ça c’est  très nul.

[zobu]  « Si dix zozos  tirent  quinze z’obus  sur une vache folle, expliquez  z’au gars ZOZO (c’est son nom) pourquoi zéro z’obus z’au but ? »

[zozo]   MEU MEU MEU MEU signifie aussi troupeau. Cela va de soi.